Hiroshima mon amer...

Publié le par Osiris, The Niobium-Titane God






DJ CC Jung  « Repeat after me (Tiku Lafe mix) »












DJ CC Jung "Voices of America" (lien réparé !)












Hiroshima... Une opération prévue de longue date. Dès 1944, l'armée américaine se démène pour adapter les bombardiers de sa flotte afin qu'ils soient capables de larguer depuis une altitude plus élevée qu'à l'accoutumée, une nouvelle arme destructrice et apocalyptique, la bombe atomique. L'histoire s'apprêtait à basculer...

 

Le 509th Composite Group de la 20th Air Force est investi de cette mission un peu particulière : préparer la future folie scientifique et la rendre possible et surtout, efficace. Deux obus obèses sont spécialement conçus pour recevoir ce qui apparaît comme l'arme absolue, « Fat Man » et « Little Boy ». Le 25 juillet 1945, avant même que le Japon ne réponde à l'ultimatum envoyé quant à sa reddition, le colonel Paul Tibbets qui commande l'unité spéciale, reçoit l'ordre de balancer ses œufs toxiques sur le pays du soleil levant. Plusieurs cibles ont été sélectionnées, Hiroshima, Kokura, Niigata ou Nagasaki...

 

Le 6 août 1945, à 1h 37, trois B-29 décollent de Tinian (îles Mariannes). 7h09 - le bombardier B-29 "Straight Flush" survole Hiroshima, les sirènes retentissent mais il ne s'agit que d'un avion de reconnaissance (en fait un avion météo). Hiroshima (« la grande île »), fondée en 1589, n'a rien d'une base militaire comme l'affirmera de manière mensongère, Harry Truman (président américain), mais tout d'un centre industriel densément peuplé. Chacun des habitants à ce moment précis, pense encore que l'objectif des B29 est l'île d'Okunoshima où l'armée japonaise fabrique des gaz toxiques. « La bombe, recouverte de signatures et d'injures à l'adresse des Japonais est armée en vol et larguée à 8 h 15, à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville. À 8 h 16 mn 02 s heure locale, après 43 secondes de chute libre, la bombe explose à 600 mètres du sol, à la verticale de l'hôpital Shima situé au cœur de l'agglomération. » (Wiki, voir liens). Le cauchemar venait de débuter.

 

[Les envoyés spéciaux sont tous abasourdis par l'étendue des dégâts. Le 5 septembre, le journaliste William Burchett publie un compte-rendu dans le Daily Express :


« À Hiroshima, trente jours après la première bombe atomique qui détruisit la ville et fit trembler le monde, des gens qui n'avaient pas été atteints pendant le cataclysme, sont encore aujourd'hui en train de mourir mystérieusement, horriblement, d'un mal inconnu pour lequel je n'ai pas d'autre nom que celui de peste atomique. (...) Leurs cheveux tombent. Des tâches bleuâtres apparaissent sur leurs corps. Et puis ils se mettent à saigner, des oreilles, du nez, de la bouche. Au début, les médecins attribuèrent ces symptômes à un état de faiblesse généralisée. Ils firent à leur patient des injections de vitamine A. Les résultats furent horribles, la chair se mit à pourrir autour du trou fait par l'aiguille de la seringue. (...) Depuis, (les personnes) meurent à la cadence de 100 par jour. »] (Wiki)...



 




« Les avis divergent quant à la capacité du Japon à résister aux attaques. Pour les opposants à l'atomisation, le Japon était déjà profondément affaibli dès le début de 1945 et la capitulation inéluctable. Le général Dwight D. Eisenhower était de cet avis et en informa Henry Stimson en juillet 1945. []L'officier le plus haut gradé dans le théâtre des opérations en Pacifique était le général Douglas MacArthur. Il ne fut pas consulté au sujet des bombardements mais dira après coup qu'il n'y avait pas de justification militaire pour cette attaque. La même opinion sera donnée par l'amiral William Leahy, le général Carl Spaatz (commandant de l'US Air Force dans le Pacifique) et le général de brigade Carter Clarke (officier des renseignements). Le major général Curtis LeMay, l'amiral Ernest King (chef des opérations navales), l'amiral Chester Nimitz (commandant en chef de la marine dans le Pacifique) émettront également des doutes au sujet des bombardements atomiques. » (Wiki).

 

Ce qu'il y a de certain pourtant, c'est que les USA venaient d'ouvrir la boite de Pandore en décidant de bombarder une ville densément peuplée sans « justification militaire ». De nombreux historiens s'accordent sur le fait que le bombardement atomique de la ville d'Hiroshima visait plus les Soviétiques à la progression militaire impressionnante que le Japon déjà défait. Il s'agissait donc de faire passer un douloureux message, une sorte d'intimidation à grande échelle : les USA devaient rester les maîtres de la situation puisqu'ils possédaient désormais l'arme la plus terrifiante...

 


« La [destruction] d'Hiroshima et de Nagasaki servit donc de prélude et de prétexte à un déploiement mondial de la puissance économique et diplomatique américaine. Après l'explosion, couronnée de succès, de la première bombe atomique, le 16 juillet 1945, dans les sables du désert du Nouveau-Mexique, Truman avait décidé d'exclure l'URSS de tout rôle significatif dans l'occupation et le contrôle du Japon. Le même personnage, alors sénateur, répondant à Roosevelt qui plaidait pour un prêt-bail à une URSS en proie aux pires difficultés, s'était exclamé : "Si nous voyons que l'Allemagne est en train de gagner la guerre, il faudrait que nous aidions la Russie, et si la Russie est sur le point de l'emporter, il faudrait que nous aidions l'Allemagne, pour qu'ils s'entretuent le plus possible." »




 




« Dans la grande vision churchillienne, Dresde (lien Wiki) et Hiroshima n'étaient qu'un élément de la stratégie plus globale de la guerre froide en train de naître. On aura une idée de l'état d'esprit du premier ministre britannique à la lecture du journal de lord Alanbrooke à la date du 22 juillet 1945 : selon Churchill, "nous avions désormais entre les mains quelque chose qui rétablirait l'équilibre avec les Russes. Le secret de cet explosif et la capacité de l'utiliser modifieraient complètement l'équilibre diplomatique qui était à la dérive depuis la défaite de l'Allemagne". Et lord Alanbrooke d'ajouter laconiquement : "Churchill se voyait déjà en mesure d'éliminer tous les centres industriels soviétiques et toutes les zones à forte concentration de population. Il s'était immédiatement peint une magnifique image de lui-même comme unique détenteur de ces bombes, capable de les lancer où il le voulait, donc devenu tout-puissant et en mesure de dicter ses volontés à Staline" (extraits d'un article de Frédéric F. Clairmont, le Monde Diplomatique, août 1990 - voir Lien Dissident Média).

 

L'explosion des deux bombes d'Hiroshima et de Nagasaki sonnait donc comme l'acte de naissance macabre du complexe militaro-industriel US, c'est-à-dire l'avènement d'une industrie de la mort et de la guerre lovée au cœur même de l'état le plus puissant de l'époque. Une anomalie structurelle. Un parasite dangereux qui allait s'employer à multiplier les zones de conflits et les foyers de tension pour vendre sa quincaillerie funeste, pour pomper sans relâche les budgets nationaux tout en servant de bras armé à une idéologie, celle des « faucons » et des « libéraux ». Une stratégie de la tension permanente qui donnera plus tard les Brigades rouges, Action directe, les tueurs du Brabant et Al Queada and co... Des « faucons » américains et européens regroupés au sein de l'OTAN (lien) qui se sont donc empressés de souffler sur les braises encore chaudes de la guerre mondiale en se lançant dans une guerre « froide » afin de justifier une course aux armements démentielle. Bon pour le business naissant, une consolidation des acquis. Dans un même temps, ils entretenaient des guerres connexes (lien histoire militaire) pour nourrir le monstre affamé et asseoir la nouvelle domination sans partage ou presque. Guerre de Corée,  invasion de la baie des Cochons (Cuba), intervention en République dominicaine, guerre du Vietnam avec l'utilisation du merveilleux « agent orange » (lien), interventions au Liban , à Grenade, à Panama, guerre du Golfe, interventions en Somalie en Yougoslavie, guerre en Irak (utilisation de l'uranium appauvri - lien Wiki), en Afghanistan, etc...

 

De leur côté, les partisans du « libre marché » (un faux nez qui cache la domination des multinationales, celles qui payent les acteurs du cirque démocratique qui nous gouverne), se sont empressés de fomenter des coups d'état et des « soulèvements spontanés » pour renverser des présidents démocratiquement élus ou trop proches de l'ennemi russe (Amérique du Sud, Afrique, Asie) afin de leur substituer des dictateurs impitoyables et des roitelets serviles (Pinochet en est un triste exemple). Des pantins sanguinaires utiles parce vassaux mais surtout, des rouages capables de mettre en coupe réglée leur propre nation afin de mettre en application ce capitalisme triomphant qui bénéficie à la même élite mondiale... « La stratégie du choc » pour mater les plus récalcitrants au changement voulu en somme (liens vidéo Naomi Klein). Les bras armés  avaient aussi une tête pensante. La boucle se refermait comme les mâchoires d'un piège...

 

« Au Chili, Pinochet et les siens évitèrent toujours l'expression " coup d'État ", à laquelle ils préféraient le mot " guerre " (guerre contre le marxisme, contre l'anarchie etc.). Au cours de la première année d'application de la thérapie de choc prescrite par Friedman, l'économie du Chili régressa de 15% et le taux de chômage - qui n'avait été que de 3% sous Allende - s'éleva à 20%. En 1988 45% des habitants du pays vivaient sous le seuil de la pauvreté. (...)


Au Brésil, les grandes entreprises mirent sur pied leurs propres escadrons de tortionnaires privés. La junte militaire créa un corps de policiers extrajudiciaire, financé par diverses multinationales, dont Ford et General Motors. À la fin de la dictature, la quasi-totalité des délégués d'usine des grandes sociétés avaient disparu. Au Brésil, comme dans tout le cône latino-américain, selon le triste constat de l'écrivain Eduardo Galeano, « les citoyens étaient en prison pour que les prix fussent en liberté ». (...)

Au Royaume-Uni
, Margaret Thatcher lança des " réformes " multiples en appliquant à la lettre la pensée friedmanienne. Après trois ans de gouvernement, sa cote de popularité passa sous la barre des 25%. Elle fut sauvée par le gong de la guerre des Malouines, tout comme, provisoirement, la dictature de Galtieri en Argentine. Cette guerre donna à Thatcher le prétexte politique dont elle avait besoin pour introduire le tout premier programme de transformation capitaliste radicale d'une démocratie libérale occidentale. Lorsque les mineurs de charbon déclenchèrent la grève en 1984. (...)

 

Elle eut alors cette formule mémorable : « Nous avons dû nous battre contre l'ennemi extérieur ; nous devons maintenant nous battre contre l'ennemi intérieur, qui est beaucoup plus coriace, mais tout aussi dangereux pour la liberté. » Contre les mineurs, elle employa la manière forte : au cours d'une seule confrontation, 8000 policiers anti-émeute chargèrent (certains à cheval) en laissant 700 blessés sur le carreau. Dans les quatre années qui suivirent cette attaque directe contre la classe ouvrière, le gouvernement privatisa British Telecom, British Gas, British Airways, British Steel etc. Dans plusieurs petites villes minières (dans le sud du Yorkshire en particulier), le chômage frappa 50% de la population.Davison Budhoo, économiste principal du FMI qui prépara des programmes d'ajustement structurel pour l'Amérique latine et l'Afrique tout au long des années 1980 admit plus tard que « tout le travail que nous avons accompli après 1983 reposait sur le sentiment de la mission qui nous animait : le Sud devait privatiser ou mourir ; à cette fin, nous avons créé le chaos économique ignominieux qui a marqué l'Amérique latine et l'Afrique de 1983 à 1988. » »



« Avant le 11 septembre, explique Naomi Klein, guerres et catastrophes offraient des débouchés à un secteur restreint de l'économie - les fabricants d'avions de chasse par exemple, ou encore les entreprises de construction chargées de rebâtir les ponts bombardés. Les guerres avaient pour rôle principal d'ouvrir de nouveaux marchés jusque-là inaccessibles et, une fois la paix revenue, de générer des booms économiques. Depuis, les interventions en cas de guerre sont à ce point privatisées qu'elles constituent en soi le nouveau marché. Pour le boom, inutile d'attendre la fin de la guerre.








La logique guerrière du système capitaliste est diabolique, implacable et, dans l'état actuel des choses, en tout cas, durable. On appelle aujourd'hui " guerre contre le terrorisme " des coups d'État, des massacres qui n'ont pour but que d'installer et de maintenir en place des régimes favorables à la libre entreprise. Le capitalisme du désastre s'est habitué au terrorisme : après le 11 septembre, le Dow Jones perdit 685 points, mais le 7 juillet 2005, le jour où quatre bombes explosèrent dans les transports londoniens, le Stock Exchange et le Nasdaq grimpèrent en flèche.
 » (À propos du livre de Naomi Klein, lien le grand soir). Business as usual...





 

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DJ CC Jung  « Repeat after me (Tiku Lafe mix) »
évoque justement cet instant de l'histoire où le monde a basculé dans une zone d'obscurité et de non-retour, dans cette nuit spirituelle qui dure à l'ombre d'un gigantesque champignon vénéneux qui hante les mémoires... Hitler, le dément surgi des coulisses, le démon sponsorisé par les conglomérats qui préfiguraient les multinationales, avait lancé à sa manière, un mécanisme mortifère : le début d'un cycle militaro-industriel qui dévore le monde encore aujourd'hui...

 

Un morceau extrait de l'album « Dream 'n bass skunk »

 

 

 

 

DJ CC Jung "Voices of America" s'intéresse au mécanisme de la propagande, cette guerre de l'information qui a désigné les ennemis fabriqués, vendu le rêve frelaté et façonné les esprits pour avaler le cortège de mensonges et d'imposture qui allait avec le projet grandiose de l'universalité du package « american way of life ». Bruit permanent pour camoufler l'essentiel, parasitage de la réalité, non-hiérarchie du factuel, diversions multiples, hypocrisie et religiosité de toc, paillettes et stuc, massage abdominal et message subliminal, émotivité orientée, invention de mythes en carton-pâte (Hollywood), glorification de l'individualisme publicitaire, manipulation permanente, formatage de l'opinion et toute la panoplie que nous avons la joie de découvrir depuis l'élection de notre suprême guide éclairé épileptique.

 

 

Un morceau extrait de l'album « X rays radio »





Liens
 :

 

Hiroshima - Wikipédia

 

Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki - Wikipédia 

 

Un autre point de vue (Nezumi blog)

 

Les effets de la bombe (Wiki)

 

Les véritables raisons d'Hiroshima (Dissident média)

 

Bombardement de Dresde - Wikipédia 

 

Organisation du traité de l'Atlantique Nord - Wikipédia

 

Agent orange - Wikipédia 

 

Uranium appauvri - Wikipédia 

 

Histoire militaire des États-Unis d'Amérique (Wiki)

 

Dailymotion - Naomi klein - la stratégie du choc, a video from ...

 

Dailymotion - Naomi KLEIN Le capitalisme du désastre, a video from ... 

 

Naomi Klein. La stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre (Le grand soir)

 

 

 

Osiris

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