Les multinationales du crime en "démocratie"
DJ CC Jung "Free Byrd (Military mix)"
Nous avons déjà évoqué l'insidieuse influence du complexe militaro-industriel dans la chaotique conduite des affaires du monde. Cette hydre monstrueuse qui puise son énergie dans l'argent du pétrole, la poudre et le sang, se cache derrière bien des décisions politiques qui vont des « guerres préventives » (sic) au combat pour la « démocratie forcée » (sic bis) en passant par la lutte contre le « terrorisme ». C'est un des sujets de préoccupation majeurs pour le groupe au vu de sa terrible capacité de nuisance et de son emprise toujours plus grande sur la planète. Le complexe est un fantasme paranoïaque de "conpirationnistes" patentés ? Que disaient Eisenhower, Kennedy ou Byrd, ceux qui ont tenté d'avertir l'opinion publique ?
Le complexe militaro-industriel... Voilà donc une industrie toute puissante et tapie au cœur du pouvoir qui ne peut fonctionner et engranger de faramineux bénéfices qu'à la seule condition que le chaos se répande à l'échelle mondiale et que l'insécurité règne partout. Rien de plus simple en fait, il faut juste mettre des pantins dociles sur les trônes respectifs avant d'enclencher telle ou telle campagne militaire ou sécuritaire pour commencer à pomper les budgets goulument au détriment d'autres secteurs comme la santé, la protection sociale ou l'écologie (lien Le Monde sur la "reconstruction" de l'Irak).
Rien de mieux qu'un attentat pour impacter l'opinion publique qui acceptera le holdup en cours sans moufter. Rien de mieux qu'un ennemi insaisissable et machiavélique pour distiller la peur et lancer des guerres sans fin qui feront le beurre de telle ou telle entreprise d'armement, d'ingénierie militaire et de travaux publics proche du cercle du pouvoir qu'elle sponsorise d'ailleurs généreusement. Lorsque l'ennemi n'existe pas ou plus, on crée sur mesure, un « méchant » qui correspondra à l'appétit du moment et le cinéma se charge de populariser la nouvelle icône diabolique. Pendant la guerre froide, les « méchants » du cinéma hollywoodien avaient un fâcheux accent de l'est et nombre de signes de reconnaissance qui évoquaient l'Armée rouge et le KGB... Lorsqu'il a été question de piller les ressources pétrolières, le « vilain » s'est laissé pousser la barbe et s'est mis à parler comme un musulman du Moyen-Orient... Le tour est joué ! Enfantine manipulation d'autant que les média appartiennent désormais aux mêmes capitaines d'industrie, les voix entonnent le couplet mensonger à l'unisson.
Ce cancer qui ronge nos démocraties, le complexe militaro-industriel qui sévit de Tel-Aviv à Washington en passant par les instances de l'OTAN et du FSB (ex KGB), est un danger qu'avaient vu venir les grands de ce monde qui ont vite compris que les décisions politiques et militaires ne dépendaient plus de considérations stratégiques réelles mais de l'appétit de telle ou telle multinationale prédatrice qui tire les ficelles en coulisses au mépris de l'intérêt général et de la paix dans le monde.
« Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l'armement est une nouveauté dans l'histoire américaine. (...) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d'un tel développement. (...) nous devons nous prémunir contre l'influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d'acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. Nous ne devons jamais permettre au poids de cette conjonction d'intérêts de mettre en danger nos libertés ou nos méthodes démocratiques. Rien, en vérité, n'est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d'influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte. » Président Eisenhower (lien).
« Mesdames et messieurs,
Le mot secret est en lui-même répugnant dans une société libre et ouverte. Et en tant que peuple, par nature et historiquement, nous nous opposons aux sociétés secrètes, aux serments secrets et aux procédures secrètes. Nous avons décidé, il y a longtemps, que les dangers venant d'un excès non-sollicité de dissimulation à l'égard des faits pertinents, sont plus grands que les périls cités pour les justifier. Même aujourd'hui, il y a peu d'intérêt de s'opposer à la menace d'une société fermée en imitant ses restrictions arbitraires. Même aujourd'hui il y a peu d'intérêt d'assurer la survie de notre nation si nos traditions ne survivent pas avec elle. Et il y a un très grand risque que l'annonce d'un niveau de sécurité accru soit utilisée par ceux qui ont hâte de promouvoir ces implications à la limite de la censure officielle et de la dissimulation. Je n'ai pas l'intention de permettre cela, selon l'étendue de ce qui est en mon contrôle. Aucun membre de mon administration, de grade élevé ou pas, civil ou militaire, ne devrait interpréter mes paroles ici, ce soir, à titre d'excuse pour censurer les nouvelles, réprimer la dissidence, cacher nos erreurs ou contenir la presse ou le public, qui mérite de connaître les faits.
Parce que nous devons faire face à l'échelle de la Terre à une conspiration monolithique et impitoyable qui s'appuie d'abord sur des moyens déguisés pour déployer sa sphère d'influence basée sur l'infiltration plutôt que l'invasion, sur la subversion plutôt que l'élection, sur l'intimidation plutôt que le libre arbitre, sur les guérillas nocturnes plutôt que l'armée en plein jour. C'est un système qui a investi de vastes ressources humaines et matérielles dans la construction d'une machine étroitement soudée et d'une efficacité remarquable qui combine des opérations militaires, de renseignement, d'économie, de science et de politique. Ses plans sont occultés, et non publiés. Ses erreurs sont passées sous silence, et ne font jamais les gros titres. Ses détracteurs sont réduits au silence, au lieu d'être admirés. Aucune dépense n'est remise en question, aucune rumeur ne circule, aucun secret n'est révélé.
Aucun président ne devrait craindre d'être inspecté minutieusement et publiquement pour ses programmes. De cette inspection découlera la compréhension. Et de cette compréhension découle soit un soutien, soit une opposition. Et les deux sont nécessaires. Je ne demande pas à vos journaux de supporter mon administration mais je sollicite votre aide dans l'immense tâche qui est d'informer et d'alerter le peuple américain. Parce que j'ai une confiance complète dans la réaction et le dévouement du peuple américain lorsqu'il est informé de tous les faits. Je ne sème pas seulement la controverse parmi vos électeurs, mais je l'accueille. Cette administration a l'intention d'être honnête au sujet de ses erreurs. Comme a dit un sage, « une erreur ne devient pas une faute tant que tu ne refuses pas de la corriger ». Nous avons l'intention d'accepter la responsabilité totale de nos erreurs et nous attendons de vous que vous les pointiez du doigt lorsque nous y manquons. Sans débat, sans critique, aucune administration et aucun pays ne peut réussir et aucune république ne peut survivre.
Voilà pourquoi le législateur athénien Solon a décrété comme crime le fait qu'un citoyen se désintéresse de la controverse. Et c'est pourquoi notre presse a été protégée par le premier amendement. La seule activité en Amérique qui soit spécifiquement protégée par la Constitution, pas dans le but d'amuser et distraire, ni pour amplifier les questions mondaines et sentimentales, ni pour donner simplement au public ce qu'il veut, mais pour informer, stimuler, réfléchir, pour faire état de nos dangers et pour indiquer nos crises et nos choix, pour guider, modeler et éduquer, et parfois même mettre en colère l'opinion publique. Cela implique une plus large couverture et analyse des nouvelles internationales. Car elles ne sont plus lointaines ni étrangères, mais à portée de main et locales. Cela signifie qu'une plus grande attention va améliorer notre compréhension des nouvelles, tout autant que de leur transmission. Cela signifie enfin que le gouvernement à tous niveaux doit remplir ses obligations pour vous fournir le plus d'information possible en dehors des limites restreintes de la sécurité nationale. C'est donc à la presse écrite qui enregistre les actions humaines, gardien de notre conscience, c'est en la couverture des événements que nous cherchons la force et le secours, avec la certitude qu'avec votre aide, l'homme sera ce pourquoi il est né : libre et indépendant." John Fitzgerald Kennedy (lien).
La dernière voix qui a tonné contre les imprécateurs et les imposteurs est celle d'un vieux lion indomptable, le sénateur Byrd, un des rares politiques US à avoir dénoncé inlassablement les manigances et les bidouillages de l'administration Bush au profit des entreprises du complexe (Halliburton, Bechtel, Lockheed, Bell, Raytheon, Northrop Grumman, Blackwater, BAE Systems, etc). La guerre est un business si rentable...
« Cette nation est sur le point de s'embarquer dans le premier test d'une doctrine révolutionnaire appliquée d'une manière extraordinaire à un temps malheureux. La doctrine de la préemption : l'idée que les Etats-Unis ou n'importe quelle autre nation peut légitimement attaquer une autre nation qui, d'une manière imminente, ne menace pas, mais peut menacer à l'avenir est une nouvelle entorse radicale à l'idée traditionnelle de la défense nationale. Elle semble être en violation du droit international et de la charte de l'ONU. Et elle se passe à un moment de terrorisme mondial, faisant beaucoup de pays à travers le globe se demander s'ils figureront bientôt sur notre liste noire ou celle d'une autre nation. Des personnalités de haut niveau de l'administration ont récemment refusé d'enlever la question des armes nucléaires de la table de discussion d'une attaque possible contre l'Irak. Qu'est-ce qui pourrait être plus déstabilisant et imprudent que ce type d'incertitude, en particulier dans un monde où la globalisation a lié si étroitement les intérêts économiques et de sécurité vitaux de beaucoup de nations ? (...) Cette administration, maintenant au pouvoir pour deux ans encore, devra être jugée sur son record. Je crois que ce record est lugubre. En l'espace de deux années, cette administration a gaspillé un grand excédent budgétaire prévu pour quelques 5.6 trilliards de $ pour la décennie actuelle et nous a portés à des déficits à perte de vue. La politique intérieure de cette administration a mis plusieurs de nos états dans une condition de misère financière, négligeant des programmes essentiels pour nos personnes. Cette administration a stimulé les politiques qui ont ralenti la croissance économique. Cette administration a ignoré les sujets pressants tels que la crise dans la santé pour nos personnes âgées. Cette administration a été lente à fournir les financements appropriés pour la sécurité de notre patrie. (...) », Sénateur Robert Byrd, 12 février 2003...
Du côté « opposé », le constat est aussi accablant pour les Russes... « Deux ans après les accords de paix, des attentats terroristes ont endeuillé plusieurs villes de Russie, y compris à Moscou faisant 293 morts. Ils ont été attribués par les autorités russes aux indépendantistes tchétchènes, ces derniers y voyant une manipulation... (...) Tous ces attentats ont été très marquants pour la population Russe et ont servit à justifier l'intervention en Tchétchénie, quelques mois avant la démission de Boris Elstine et l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, qui a rapidement bâti en partie sa popularité en faisant croire à une victoire rapide et facile de l'armée russe sur les rebelles tchétchènes. (...) Cette guerre sera marquée pas la brutalité inouïe dont ont fait preuve les soldats russes envers la population civile tchétchène. Des milliers d'hommes et d'adolescents tchétchènes disparaitront, habituellement arrêtés par les services de sécurité russes pour être emmenés dans des camps de filtration où la torture et les exécutions sommaires étaient monnaie courante. » (Lien Wiki).
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DJ CC Jung "Free Byrd (Military mix)" rend hommage à ces penseurs éclairés (Kennedy, Eisenhower, Byrd) qui ont flairé le danger et l'ont dénoncé en vain, hélas. Un pays qui a une économie basée sur la guerre et la prédation est une grave menace pour le reste du monde surtout lorsqu'il s'agit du plus puissant du monde (USA) ou du plus fort régionalement (Israël)... Que dire de la Russie ? Pas mieux...
Un extrait de l'album « The niobium-titane heart of Osiris »
Liens :
Les guerres d'Irak et d'Afghanistan ont coûté 900 milliards (Reuters - Libération) (Le Monde)
La reconstruction de l'Irak : 100 milliards de dollars envolés
« Quand le programme de reconstruction de l'Irak a commencé à être à la traîne, le Pentagone a commencé à gonfler des chiffres pour couvrir les échecs, poursuit le rapport. (...) Au milieu de 2008, 117 milliards de dollars avaient été dépensés pour la reconstruction de l'Irak, dont 50 milliards payés par le contribuable américain, poursuit le document. (...) »
Military-Industrial Complex Speech (17 janvier 1961)
Eisenhower et le complexe militaro-industriel (Voltaire)
Kennedy, les sociétés secrètes et le complexe militaro-industriel (vidéo Dailymotion)
Complexe militaro-industriel des États-Unis d'Amérique - Wikipédia
complexe militaro-industriel japonais
En Union soviétique, puis Russie
En République Populaire de Chine
Le Record de cette Administration est Lugubre (R Byrd, African -independent)
Le Sénateur Byrd, une conscience américaine, s'oppose à la guerre contre l'Iran (Contre info)
We stand passively mute (sénateur Byrd, Guardian)
Faut-il brûler le sénateur Byrd ? Pas la peine... (De Defensa)
Il était une fois la Tchétchénie (film documentaire)
Première guerre de Tchétchénie - Wikipédia
Seconde guerre de Tchétchénie - Wikipédia
Business et terrorisme à Moscou (Voltaire)
Le « domino » tchétchène (Voltaire)
Osiris