L'idée...
Non seulement DJ CC Jung génère régulièrement du son et du sens mais il produit également de l'image qui est indissociable du volet artistique prédéfini par les membres lors de la création
de l'entité. Il est vrai surtout que le groupe compte dans ses rangs un graphiste de haut vol en la personne de Chen Ying qui s'occupe de toute la partie graphique de notre production. C'est donc
fort logiquement que nous lui avions entièrement confié la réalisation des pochettes d'album d'autant que ce choix nous confortait dans notre désir effréné de totale indépendance et d'autonomie
revendiquée.
La méthode...
La réalisation d'une pochette d'album suit un rituel très précis pour ce qui nous concerne puisque nous estimons qu'elle doit refléter peu ou prou la quintessence de l'album, son humeur et sa
texture. Pour coller au plus près des désidératas de tous, nous nous obligeons à coucher les mots qui nous viennent à l'esprit au cours des séances d'home studio, les couleurs que nos sons
produisent parfois et les thèmes qui sont associés aux différentes compositions du moment.
Les pochettes surprises...
L'ordre chronologique de parution des albums est ici aléatoire...
By Chen Ying...
La pochette de « Drum'n bass skunk » traduit bien l'atmosphère d'urgence et de saturation d'informations qui a
entouré la période de conception de l'album. Nous étions alors dans la phase d'expansionniste guerrier des « néocons » avec l'Irak, Al Quaida, le 11 septembre 2001, le mensonge et la
désinformation se déversaient alors en continu dans nos médias, la propagande planétaire faisait rage. Il convenait à cette époque de préserver le noyau, la cellule et le groupe autour d'un
projet commun de résistance artistique.
Pour illustrer l'album le plus space et étoilé du groupe, notre graphiste nous a tout simplement mis en orbite... La pochette de « Kosmik
Kosmonaut » dit en quelques pixels colorés, toute la dimension de notre imaginaire astronomique et de notre goût prononcé pour l'aventure spatiale, les OVNI et les
failles spatio-temporelles que nous explorons à l'occasion en empruntant d'autres vaisseaux oniriques et hallucinogènes.
Une pochette minimaliste, tel était notre souhait commun pour illustrer « Electro Lab », un album sobre, grave et
empli de vibrations électriques. Chen Ying a répondu à sa manière en illustrant l'énergie primitive qui anime la création et la vie. Fluides, chimie, procréation, ondes, sillons et
paysages... Chacun y a vu ce qu'il voulait, signe que l'image donnait à voir au-delà de sa simplicité apparente.
La pochette de « Patchwork » nous est arrivée un beau matin par mail et nous avons tout de suite été enthousiasmés par le projet de Chen Ying. Ce qui était à ses yeux une ébauche et une esquisse nous est apparu comme une œuvre définitive. Baroque, épurée, colorée et étrange, voilà quelques mots qui définissaient également cet album éparpillé, austère, mystique et métallique. Quelques détails subliminaux évoquent le contexte du moment (les émeutes en banlieue), le défi en cours (remixer un morceau mythique de Kraftwerk), nos gouts vestimentaires de l"époque (vestes à col Mao, étoile communiste, etc) et notre obsession récurrente pour la série du « Prisonnier »...
Pour ce qui est de l'album « The mysterious synchronicity of the golden flower », le motif de la fleur sur un fond
constitué par les énigmatiques lignes de Nazca apportait une touche ésotérique au propos sonore tout en multipliant les clins d'œil à la psychanalyse et à...Jung en particulier, allez savoir
pourquoi. Le relief, les tons et les nervures donnaient ainsi de la profondeur et de la vie à l'image et à l'imaginaire convoqué ici.
"X rays radio", voilà un sacré souvenir pour les membres du groupe puisque nous avions atteint à l'époque une maturité musicale qui nous permettait de sortir des sentiers battus et de la doxa ambiante sans regrets. Oubliés les canons harmoniques, les codes de la bienséance acoustique, les mélodies faciles et les beats entrainants pour masquer le vide de la composition et place à un long et lent dérèglement des sens. L'heure était à la liberté absolue de l'expérimentation, de la recherche, du tripatouillage des synthés et autres modules VST. Ce tournant dans la composition où se mêlent allègrement une ouverture aux autres horizons sonores, la technologie au service de la créativité débridée et une profondeur inespérée dans certains de nos collages sonores, a été vécu comme une libération artistique. Une euphorie qui perdure depuis cet instant magique. Chen Ying a, encore une fois, synthétisé à merveille ce moment unique de folie expérimentale.
Dans la même veine, Chen Ying a choisi le majestueux Tutankhamon pour illustrer le dernier album en cours de réalisation, « The niobium-titane heart of
Osiris ». Le projet graphique n'est pas encore validé puisque seule la somme des compositions apportera un éclairage conséquent sur le travail de Chen et les éventuelles
modifications à apporter. Tout sera décidé in fine en fonction de la tonalité générale de l'album. Cette pochette nous convient pourtant parfaitement et nous sert même depuis de fil conducteur
conceptuel pour nos compositions. Il se pourrait bien que le processus soit inversé : l'image qui arrivait en conclusion d'une aventure sonore pourrait bien nous donner le "la" en nous
montrant la galaxie onirique à explorer en priorité. On en reparlera dans quelques semaines.
Osiris
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